Descendant direct du "canis pugnax" romain, le Cane Corso apparaît comme une version légère du mythique molosse, un spécimen différent de l'actuel Mâtin napolitain à la structure plus lourde.
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Les lointains ancêtres des chiens de race aujourd'hui connus n'étaient pour la plupart pas des "chiens de race", du moin pas dans le sens où on l'entend aujourd'hui. Ces chiens appartenaient à une certaine typologie, avec des caractéristiques similaires à celles des sujets que nous connaissons.
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Or, dans le cas du Cane Corso, on peut vraiment évoquer une "race" très ancienne: non seulement en raison de son aspect, resté pratiquement inchangé au cours des siècles, mais également pour le nom qu'il porte aujourd'hui, c'est-à-dire toujours le même.
Précisons ici que le nom n'a rien à voir avec une supposée origine corso : en dialecte méridional, "corso" signifie "fort, robuste, viril". C'est un attribut que l'on donne également aux hommes lorqu'on veut souligner leur valeur.
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Ce molosse léger était déjà nommé "Corso" par le bénédictin Téofilo Folengo (1496), par le médecin naturaliste Corrado Gessner (1516), ainsi que par l'écrivain Erasme de Valvasone (1500) qui en fait une description minutieuse dans son poème de la chasse. On a retrouvé également, datant pour le moins du Moyen Age, des statuettes, gravures et peintures qui le représentent d'une manière quasi identique aux spécimens que l'on peut admirer aujourd'hui sur les rings d'exposition. On trouve ces représentations anciennes dans des ouvrages tels que Tacuino de Givannino de Grassi, datés d'environ 1390, dans les crèches de San Martino, Naples et Reggia di Caserta, à la pinacothèque de Capodimonte (Fernando 1er à la chasse au sanglier de Jacopo Filoppo Hackert).
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Avec une filiation aussi ancienne, on peut trouver étrange que cette race n'ait été reconnue par la SCC (Société Centrale Canine) et la FCI (Fédération Cynologique Internationale) qu'à partir de l'année 1994. Or, il faut savoir que cette race, il y a encore peu de temps au bord de l'extinction, ne doit sa survie qu'à une poignée de passionnés qui ont su lui redonner ses lettres de noblesse.
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Le premier fut le comte Bonatti dans son livre Le Chasseur Sicilien, où il fait figurer le Cane Corso. Puis, avec le professeur Fernando Casolino, Stefano Gandolfi, Gianantonio Sereni, les frères Luciano, Giancarlo Malavasi, un petit groupe se forma pour rechercher les quelques spécimens restants dans l'Italie méridionale, en particulier dans les Pouilles et en Sicile.
Les recherches durèrent vingt ans.
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Aujourd'hui, la race est reconstruite mais le travail n'est pas fini. Il faut encore la suivre et l'améliorer, afin de la fixer définitivement avant que son statut actuel de "chien à la mode" ne détruise tout ce qui a été bâti.
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Le regretté docteur Morsiani a établi un standard de la race des plus complets sur le Cane Corso, l'un des plus précis et des plus minutieux jamais encore élaborés à ce jour. Pourtant, à l'heure actuelle, on recense d'un côté les vrai Corsos, élevés par de vrais passionnés, des hommes et des femmes dont le travail de sélection et la compétence font preuve d'une connaissance approfondie de la race et de son standard, tandis que l'on voit émerger à côté des fruits discutables d'accouplements de hasard, des produits à but purement commercial dont la seule ambition est de répondre à la demande d'un marché en pleine expansion.